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Sidy N’diaye, dg. sedima, à propos de l’aliment bétail : « La raréfaction et l’augmentation de prix des matières premières sont à la base »

Mercredi 11 Mai 2022

L’aliment bétail connait aujourd’hui une hausse de prix sans précédent dans le marché malien. Les éleveurs confrontés à cette dure réalité ne savent plus à quel saint se vouer. Sidy Ndiaye directeur général de Sedima-Mali nous explique les raisons de cette flambée.


Sidy N’diaye, dg. sedima, à propos de l’aliment bétail : « La raréfaction et l’augmentation de prix des matières premières sont à la base »

 Mali-Tribune : Depuis quelques moments, nous assistons à une hausse du prix de l’aliment bétail et volaille, quelle explication donnez-vous à cela ?

Sidy Ndiaye : L’augmentation de prix des aliments de bétail et volaille est une réalité. Il faut comprendre que c’est lié à un facteur essentiel, qui est la raréfaction et l’augmentation de prix des matières premières. Le Mali a toujours été autosuffisant en maïs, c’est une matière première principale dans l’alimentation de la volaille et du bétail. Mais on a constaté depuis les deux dernières années, que la production est largement insuffisante. Il y a vraiment une crise céréalière accentuée sur le maïs qui fait que cette matière première est devenue très rare, donc ce qui devient rare, devient cher.

Aujourd’hui le maïs est vendu à 300 F CFA par Kilo, ça fait 300 000 F la tonne, alors qu’en temps normal il devrait coûter entre 150 F CFA et 160 F CFA le Kilo. Le prix a doublé, il y a eu une augmentation de 100 %.

Mali-Tribune : De quel pays vous importez le complément d’aliment bétail-volaille ?

S N. : On peut dire que 80 à 90 % des éléments qui composent l’aliment volaille et bétail devraient être ici, c’est-à-dire le maïs, le tourteau de soja, de coton, le son de blé, l’huile de coton. Donc tous ces intrants devraient être disponibles au niveau local. Cependant, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, le son de blé n’est quasiment pas disponible, il y a de très faibles stocks qui sont disponibles, qui sont déjà discutés par les distributeurs et les éleveurs.

Le tourteau de coton n’est pas encore disponible parce que l’année dernière la campagne de coton n’était pas terrible. Cette année, on espère une meilleure disponibilité. L’huile de coton aussi a atteint des niveaux élevés. Tous ces ingrédients, quand vous les mettez ensemble, si leur prix augmente, il va de soi que le prix de l’aliment augmente aussi. Dans un sens, il y a une certaine vision à mettre en œuvre parce que les intrants sont très difficiles d’accès en ce moment.

Mali-Tribune : Est-ce qu’on peut savoir la quantité d’aliments volailles produite au Mali ?

S N. : Aujourd’hui, c’est difficile à dire, parce que nous sommes 2 ou 3 producteurs. En 2021, Sedima n’a produit que 3 000 tonnes. Ce n’est pas beaucoup. Nous avons une usine qui fait 480 tonnes par jour soit une capacité de 144 000 tonnes par an, mais nous venons de démarrer. Cette année, nous n’avons pas encore produit parce que nous n’avons pas encore les matières premières suffisantes.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le besoin en termes d’aliment volaille et bétail est extrêmement important parce que le Mali a un effectif de bétail de 63 000 000 de sujets et pour nourrir tous ces sujets c’est énormément de tonnes d’aliment qu’il faut. Là nos estimations disent que pour le bétail il faut 38 000 000 tonnes par an, ce qui est impossible à l’état actuel.

Donc nous, nous avons fait nos prévisions de marché potentiel sur 4 % du marché qui équivaut à produire 1 500 000 tonnes par an. Même là c’est quasiment impossible pour le Mali de le faire, aujourd’hui, à l’état actuel des choses, il n’y a pas beaucoup d’usines, il n’y a que deux usines qui le font et pour ça il faut des matières premières.

Il faut au moins la moitié du tonnage que je vous ai donné. Il faut à peu près 750 000 tonnes de maïs pour nourrir 4 % de bétail malien et ce n’est que la partie bétail. Pour la partie volaille, il faut 56 000 tonnes d’aliment de volaille. Donc pour dire que c’est très important de s’orienter vers la production des matières premières notamment le maïs surtout dans cette conjoncture internationale où il y a une guerre en Ukraine. Avant, il y avait la Covid-19. Le prix des matières premières de façon mondial n’arrête pas d’augmenter. Si le Mali ne produit pas de maïs, il y aura de sérieux problèmes pour nourrir le bétail.

Au niveau de l’État, nous avons fait plusieurs démarches pour sensibiliser sur l’importance de cultiver le maïs, le soja, le sorgho, pour d’abord la consommation humaine, mais aussi pour la consommation animale sachant que le maïs est la matière principale. On ne peut pas avoir d’aliment digne de ce nom sans le maïs.

Mali-Tribune : Le Mali est parmi les premiers producteurs de coton en Afrique, en principe, l’aliment bétail devrait être à la portée de tout le monde avec un prix à la portée de main. Mais malheureusement ce n’est pas le cas. Quelle explication donnez-vous à cela ?

S N. : Il y a certainement un dysfonctionnement au niveau du réseau de distribution et d’approvisionnement. Nous n’utilisons pas de coton, ni les grains de coton, nous utilisons le tourteau de coton. Il s’agit des résidus des usines qui font l’huile de coton. Il y a beaucoup d’exportations qui ont été faites sur cette matière première. Il faut que les autorités comprennent que le Mali a besoin de cette matière première ici pour le bétail malien.

Donc l’exportation de sous-produits comme le tourteau de coton, comme le son de blé, doit être contrôlée, voire interdite. Si les matières premières sont produites ici et exportées, ce sont les industries d’autres pays qui vont en bénéficier et cela ne fera que fragiliser le tissu industriel de l’agro-business du Mali. Cela n’est pas favorable au pays. Il faut de la vision.

Quand les matières premières coûtent chères, le prix de l’aliment va coûter cher du coup le poulet va coûter cher, les œufs et la viande vont aussi coûter chers.

 Mali-Tribune : Selon vous, quelle politique mettre en place pour un ravitaillement ou une production en quantité de l’aliment bétail ?

S N. : A mon sens, il faut absolument avoir une vision productive au niveau agricole. Il faut que les autorités comprennent qu’aujourd’hui certaines matières premières comme le maïs doivent être considérées comme des matières stratégiques. Cela veut dire que les pays qui n’auront pas d’autosuffisance en maïs auront une grande dépendance par rapport aux importations. Cette année il est obligatoire pour le Mali d’importer du maïs pour faire de la production d’aliment de bétail et de volaille. Là aussi, il est important de noter que le maïs est taxé à l’importation à 36,56 % en termes de droit de douane, TVA etc.

Donc importer du maïs va coûter encore plus cher. Nous avons demandé l’exonération de droits pour l’importation du maïs, de soja et de son de blé, mais nous n’avons pas eu une oreille attentive. Toutefois, nous comptons sur les médias pour sensibiliser parce qu’au niveau des recettes douanières, le maïs n’a jamais contribué car il est une production locale. Cela veut dire que l’État n’a jamais perçu de droit de douane sur le maïs.

Exonérer le maïs, le soja, le son de blé, ne va pas négativement impacter sur les recettes douanières. Nous les importons du Brésil ou de l’Argentine. C’est un plaidoyer qu’il faut nous aider à mener pour que l’État comprenne.

Nous sommes tous fiers aujourd’hui d’entendre un État d’aller à l’assaut de sa souveraineté, économique, politique et même sociale. Cependant, pour pouvoir être souverain, il faut avoir la capacité minimum de se nourrir sans avoir à dépendre des importations. Et pour ça il faut que les matières premières soient disponibles, que les stocks soient revalorisés. J’ai appris avec beaucoup de plaisir lors de la 12e session agricole que le chef de l’État a donné des instructions pour mettre le maïs en priorité dans la culture céréalière pour qu’il ait une bonne production pour la campagne 2022-2023.

Nous soutenons favorablement cette orientation agricole et nous espérons que les moyens seront là à temps pour que la campagne soit une réussite. Mais en attendant, il faut que les gens puissent produire, pas au prix qu’on constate sur le marché, il faut absolument arriver à avoir des stocks de matière première, revalorisé en termes qui permet d’avoir un prix de production d’aliment moins cher.

 Mali-Tribune : Parlez-nous de votre société ?

S N. : Sedima-Mali est une société d’une filiale du groupe Sedima de Dakar qui est spécialisée dans l’aviculture, c’est-à-dire tout ce qui est élevage de volaille, la production de poussin, la production d’aliment de volaille et de bétail et la distribution de matériels agricoles. Le groupe a aussi diversifié ses activités depuis 2014, on a une usine de farine qui fait une capacité de 200 tonnes par jour. Nous sommes aussi dans la restauration rapide et l’abatage. Nous avons un abattoir de volaille de 4000 poulets/h. la filiale Sedima-Mali existe depuis 2015.

Propos recueilli par :

Ibrahima Ndiaye

https://www.maliweb.net/















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