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L'aide à l'Ukraine ne devrait pas se faire aux dépens de l'Afrique

Mardi 5 Juillet 2022

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a eu des coûts énormes, supportés pour l’essentiel par les courageux Ukrainiens et par les soldats russes contraints de se battre. Mais les dommages collatéraux s’en font sentir dans le monde entier : nouvelles hausses des coûts de l’énergie et des prix alimentaires, avec, à la clé, une possible récession planétaire.


Nulle part ces préjudices indirects ne sont plus importants que pour ceux qui sont déjà à la limite de la pauvreté, notamment en Afrique. L’indice des prix alimentaires calculé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a atteint en mars un niveau historique , et les prix des engrais   ont aussi augmenté. Les stratégies employées par les pouvoirs politiques nationaux pour renforcer la sécurité alimentaire de leurs concitoyens, comme la récente interdiction d’exportation des blés indiens , ne font qu’aggraver les choses. Les répercussions de la guerre touchent non seulement la production de court terme mais aussi les futures récoltes, lorsqu’auront cessé les combats en Ukraine. Des millions d’Africains pourraient ainsi être précipités dans la pauvreté ou souffrir de la faim.

S’il est une des conséquences négatives du conflit qui peut être et doit être évitée, c’est la tentation des dirigeants des pays riches de rediriger l’aide à l’Afrique vers l’Ukraine. C’est ce qui s’est passé en 2014, lorsque l’annexion de la Crimée par la Russie a détourné ces ressources de l’Afrique – alors même que la région était au bord   d’une récession causée par la chute des prix des matières premières.

Cette année, les aides accordées à l’Ukraine par le Comité d’aide au développement   (CAD) de l’OCDE ont augmenté de 145 %, tandis que l’aide octroyée à l’Afrique subsaharienne diminuait de plus de 5 %   (la plus forte baisse en dix ans), malgré la récession économique dont souffre une bonne partie de la région. Entre 2013 et 2015, 21 des 29 pays du CAD ont réduit leur aide publique au développement de l’Afrique subsaharienne, alors même que le total des aides publiques du CAD augmentait de 8 % en valeur réelle durant la période.

Le Danemark, par exemple, a presque multiplié par quatre son aide à l’Ukraine de 2013 à 2015, mais a diminué d’environ 40 % son aide à l’Afrique subsaharienne. Le Japon, craignant que l’annexion de la Crimée donne à la Chine un mauvais exemple   et l’envie d’affirmer plus énergiquement ses prétentions territoriales en mer de Chine orientale, s’est engagé pour plus de 1,8 milliard de dollars d’aide à l’Ukraine en 2014 et 2015 tout en réduisant son aide à l’Afrique subsaharienne de presque 16 %. Les sommes qui ont été soustraites à l’aide provenaient essentiellement d’initiatives de soutien à l’environnement, à l’urbanisation, à la gestion des risques de catastrophes et aux budgets publics, plutôt que de projets d’infrastructures économiques comme les chemins de fer et les lignes de téléphone mobile, dont l’annulation aurait directement pénalisé les économies donatrices.

L’actuelle guerre russo-ukrainienne est beaucoup plus préjudiciable que le conflit de 2014. En conséquence de quoi l’aide financière a afflué vers l’Ukraine. Le montant de l’aide à laquelle se sont engagés les États-Unis pour soutenir l’Ukraine dans la guerre est d’ores et déjà supérieur à 54 milliards de dollars . La Pologne voisine a fourni plus de 1,6 milliard de dollars d’aide militaire.

L’argent est aussi venu de sources non publiques. Un compte spécial ouvert à la banque d’Ukraine pour recevoir les contributions privées destinées à financer les forces armées du pays a réuni 525 millions de dollars en deux mois . Des particuliers du monde entier ont envoyé des millions de dollars aux propriétaires ukrainiens   pour réserver des locations Airbnb qu’ils n’ont aucune intention d’occuper.

Cette générosité est bien entendu opportune. Mais il serait regrettable que cette aide croissante accordée à l’Ukraine le soit au prix d’un désengagement dans d’importantes initiatives en Afrique subsaharienne. La période s’annonce précaire pour la région – et pas uniquement en raison des prix alimentaires qui s’envolent, des coûts de l’énergie qui grimpent et d’une croissance plus lente des grands marchés d’exportation. Les pays d’Afrique sont contraints d’aborder ces sombres perspectives avec de hauts niveaux d’endettement , presque sans marge de manœuvre budgétaire, en raison de la récession   causée par la pandémie en 2020-2021, qui a nécessité de bâtir dans l’urgence des programmes d’aides aux ménages pauvres et aux petites entreprises.
Bien sûr, l’Afrique est concernée par le succès des efforts ukrainiens et occidentaux. Si l’on considère que l’autoritarisme gagne du terrain   à l’échelle mondiale, une victoire contre l’entreprise violente et antidémocratique du président russe Vladimir Poutine qui vise à redessiner les frontières en Europe pourrait avoir sur les prétendants africains à l’autocratie un effet dissuasif.

Peu de temps avant que la Russie n’envahisse l’Ukraine, en février dernier, l’ambassadeur kényan aux Nations unies, Martin Kimani, se félicitait de la modération dont l’Afrique avait fait preuve en acceptant les frontières artificielles dessinées par les puissances coloniales : « Si nous avions choisi, lors des indépendances, de bâtir des États sur le principe de l’homogénéité ethnique, raciale ou religieuse, nous serions encore, des décennies plus tard, en train de mener des guerres sanglantes. » Aujourd’hui, une victoire contre la Russie serait un coup porté aux ennemis des valeurs démocratiques en Afrique et à tous les émules possibles de l’autoritarisme de Poutine.

Cela dit, l’intérêt de la communauté internationale à tempérer les dommages collatéraux de la guerre en Ukraine subis par l’Afrique n’est pas moins incontournable. Ainsi les États et les autres donateurs doivent se garder de différer, tandis qu’ils augmentent l’aide nécessaire à l’Ukraine, la mise en œuvre ou la poursuite d’initiatives comme l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire , le Cadre commun du G20 pour les traitements de dette   et le dispositif d’accès mondial et équitable aux vaccins contre le Covid-19   (COVAX). Réduire les programmes d’aide au développement pour l’Afrique ne fera qu’accroître la pauvreté, aggraver les pénuries alimentaires qui risquent de précipiter certaines populations dans la famine et affaiblir la démocratie.
Traduit de l’anglais par François Boisivon
Chris Heitzig est chercheur à l’International Growth Center (LSE-Blavatnik School of Government). Richard Newfarmer est directeur pays pour le Rwanda et l’Ouganda à l’International Growth Center).
© Project Syndicate 1995–2022


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