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Financement du développement durable en Afrique : Les acteurs veulent miser sur ressources domestiques

Jeudi 30 Avril 2026

Les coordonnateurs résidents des Nations Unies en Afrique se sont réunis dans la capitale éthiopienne pour réfléchir à des stratégies visant à réduire la dépendance du continent vis-à-vis des partenaires extérieurs et à renforcer la mobilisation des ressources domestiques, un levier jugé essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable.


Cette rencontre, organisée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (Cea), le Bureau de coordination du développement des Nations Unies et la Commission de l’Union africaine (Cua), s’est tenue en prélude au Forum régional africain sur le développement durable. Elle a mis l’accent sur la stratégie de mobilisation des ressources internes de l’Union africaine.

Face à l’augmentation des déficits de financement et à la vulnérabilité croissante liée à la dette, les pays africains sont appelés à renforcer leurs capacités à générer des ressources internes. Cette stratégie est désormais centrale pour financer les priorités continentales, notamment le deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 ainsi que l’Agenda 2030 des Nations Unies.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes clés, notamment l’amélioration des politiques fiscales et de l’administration des impôts, la lutte contre les flux financiers illicites et le renforcement de la gestion des finances publiques. Autant de domaines considérés comme déterminants pour accroître les recettes nationales et soutenir les efforts de développement.

Le rôle des coordonnateurs résidents des Nations Unies a également été mis en avant. Ces derniers sont appelés à accompagner les gouvernements africains dans l’alignement de leurs cadres de financement nationaux avec les priorités de l’Agenda 2063 et des Objectifs de développement durable (Odd).

Cependant, plusieurs obstacles persistent. Les participants ont souligné des facteurs structurels et liés à l’économie politique, la fragmentation des réseaux de développement ainsi que les faiblesses institutionnelles comme freins majeurs à une mobilisation efficace des ressources.

Pour y remédier, six priorités stratégiques ont été proposées. Il s’agit notamment de repenser le développement à travers une approche d’économie politique, de renforcer la souveraineté financière africaine, d’approfondir l’intégration régionale, de réorienter les ressources vers des initiatives structurantes, d’améliorer les systèmes fiscaux et la prestation des services publics, ainsi que de renforcer la coordination institutionnelle.

Les échanges ont également insisté sur la nécessité pour les pays africains de mieux exploiter les banques de développement et les institutions nationales afin de mobiliser efficacement les ressources internes.

Prenant la parole, Said Adejumobi, représentant le secrétaire exécutif de la Cea, a souligné l’importance cruciale de la mobilisation des ressources domestiques, rappelant que le précédent plan décennal africain avait souffert d’un manque de financement.

De son côté, Botho Kebabonye Bayendi a indiqué que l’Union africaine et les Nations Unies partagent un cadre commun de financement intégré axé sur les ressources internes. Elle a appelé à une meilleure coordination et à un engagement accru pour traduire les promesses en résultats concrets.

Les conclusions de cette réunion devraient orienter les futures décisions politiques régionales et les initiatives de développement, confirmant la volonté de l’Afrique de prendre en main son destin économique grâce à une mobilisation accrue de ses propres ressources.
Bassirou MBAYE














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