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Bamako : La pénurie fait exploser le prix du gaz butane

Jeudi 16 Janvier 2020

« C’est 6.000 Fcfa. A prendre ou à laisser ». La décision du vendeur de gaz est des plus radicales. D’une taille moyenne, barbe de bouc, il range une dizaine de bombonnes vides devant sa quincaillerie, à l’entrée du marché de Dibida non loin d’une bâtisse de l’Etat en pleine rénovation.


« Ok, je prends malgré le prix extrêmement cher » murmure la cliente qui ne tarda pas à attacher comme un fagot de bois la bonbonne de gaz, avant de grimper sur sa moto et se fondre dans le magma d’engins de la circulation routière.

Le gaz est introuvable. Devenue une denrée rare, la bombonne chargée n’est plus livrée aux revendeurs. Aux abois, les opérateurs du gaz multiplient les contacts. Ils déclarent, urbi et orbi, qu’ils risquent de fermer boutique. Le cri de cœur ne semble pas avoir trouvé échos auprès des pouvoirs publics auxquels les opérateurs réclament un cumul d’arriérées s’élevant à près de 7 milliards de Fcfa. Conséquence de ce retard de payement, les cuves sont vides. C’est, du moins, ce que disent les opérateurs qui sont ont arrêté la distribution du gaz, depuis quelques semaines déjà. Dans les unités de remplissage des opérateurs, pas âme qui vive. En dehors des gardiens et vigiles qui veillent sur les bombonnes de gaz vides, les cuves et quelques camionnettes de livraison garées çà et là.

Dans la rue, les bombonnes de gaz vides cherchent désespérément preneurs. Habituellement, la bouteille de 6 kg se change à 3.500 Fcfa. Aux 3,000 Fcfa qu’encaisse l’opérateur, il faut ajouter les 500 du livreur. « Hier seulement, j’ai eu de la peine à avoir du gaz. Heureusement, j’en ai eu mais j’ai dû payer très cher : 6,500 Fcfa ! » raconte, avec colère, une ménagère habitant le quartier résidentiel de Faladjè Séma. Elle explique s’être habituée à l’utilisation du gaz à domicile, notamment, pour préparer le petits déjeuner et, surtout, chauffer de l’eau de bain, en ces moments de fraicheur.

Les opérateurs gaziers ont expédié, expressément, des correspondances aux autorités pour attirer leur attention sur l’état de leur trésorerie. En face, les arguments avancés par les pouvoirs publics, bien que fondés parce qu’imputables à la crise sécuritaire, ne font manifestement pas l’affaire des opérateurs privés. Ils veulent du « cash » pour payer les produits. Le Mali étant en guerre, l’attente risque de durer un peu plus longtemps. C’est justement cette situation préoccupante que craignent Oudiari Diawara et ses collègues qui ont animé, jeudi, une conférence de presse, pour, disent-ils, démentir la rumeur selon laquelle les opérateurs gaziers font plutôt de la rétention.

« Nous ne sommes pas en grève. Pire, nous risquons de mettre la clé sous le paillasson si rien n’est fait pour payer les factures en souffrance » s’écrie le président des professionnels du gaz qui montre du doigt sa cour vide. « Constatez vous-même, les travailleurs ne sont pas à leur poste habituel. Dire que nous refusons de vendre le gaz est une aberration dans la mesure où nous sommes privés de nos ressources pour acheter et importer du gaz », indique le conférencier, dans la salle de réunion de son entreprise à Banankabougou, « Depuis octobre 2018, nous n’avons pas été payé », soutient-il.

FACTURES CUMULEES –La facture est en effet salée pour un pays en pleine crise sécuritaire. Hammadoun Touré de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale(AMADER) comprend la colère des créanciers de l’Etat. Il invite, cependant, à la retenue compte tenu de la situation du pays et, surtout, des efforts en cours pour régler la note. « Nos fournisseurs savent dans quelle situation nous sommes ici au Mali. C’est justement pourquoi, ils nous exigent de la liquidité pour donner leur gaz. Sans argent, nous sommes obligés d’ajuster nos opérations pour nous éviter le dépôt de bilan » rétorque l’opérateur.

Le Mali consomme une moyenne de 6 millions de tonnes de bois chaque année. C’est trop. Nos forêts se rétrécissent comme peau de chagrin et le désert, lui, gagne du terrain. La subvention du gaz butane répond à cette préoccupation des pouvoirs publics à limiter l’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois. Peine perdue si le gaz venait à disparaître.

La semaine dernière, à défaut de se procurer du gaz sur le marché, un grand restaurant libanais de la capitale a fait décharger une dizaine de sacs de charbon pour ses cuisines. Le prix du sac de charbon de bois oscille entre 6000 à 7500 Fcfa.

Le prix du gaz butane est fixé par les structures techniques de l’Etat. En décembre 2019, le kilogramme est fixé à 1004 Fcfa. Donc, la bombonne de 6 Kgs revient à 6025 Fcfa. Le budget d’Etat supporte 2525 Fcfa pour ramener le prix d’achat à 3500 Fcfa. Le nombre de bouteilles vendues sera alors multiplié par 2525 Fcfa pour avoir la somme à verser aux sociétés de vente de gaz. Ce différentiel de prix est codifié, dans le jargon budgétaire, sous le nom de subvention. Pour les opérateurs, il s’agit tout simplement d’un différentiel de prix à payer sans délai.

La difficulté réside dans la mauvaise évaluation de la consommation du gaz au Mali, selon l’analyse du conférencier. Généralement, le budget alloué au secteur est d’environ 5 milliards de Fcfa. Montant insuffisant pour solder les factures des trois premiers trimestres de chaque année. Le glissement d’arriérées de 2018 sur le budget de l’année 2019 conduit, inévitablement, à une incapacité du budget à supporter les factures cumulées. En attendant l’opérationnalisation du Fonds gaz, les ruptures sur le marché ne seront pas des évènements rares.
Amap.ml














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