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A l’OIT, le plaidoyer de Guterres pour mettre l’humain au centre de l’avenir du travail dans le monde

Mardi 25 Juin 2019

Au dernier jour de la 108e session marquant le centenaire de la Conférence internationale du Travail, le chef de l’ONU a insisté sur la « soif de justice sociale » devenue « plus grande que jamais ».


Photo : ONU/Jean Marc Ferré Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s'exprimant lors de la 108e session de la Conférence internationale du Travail le 21 juin 2019
Photo : ONU/Jean Marc Ferré Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, s'exprimant lors de la 108e session de la Conférence internationale du Travail le 21 juin 2019
« En un siècle, le monde a profondément changé. Mais les besoins fondamentaux des personnes, eux, sont restés les mêmes », a déclaré vendredi le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. 
« Et plus que jamais, nous avons besoin de l’Organisation internationale du Travail, une organisation en avance sur son temps » sur cette question, a déclaré M. Guterres, saluant ainsi le rôle de l’organisation centenaire face aux défis de justice sociale et de l’économie. 
Aux milliers de délégués présents à Genève, notamment les représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs, le Secrétaire général a lancé un plaidoyer pour mettre l’humain au centre des politiques économiques. Le chef de l’ONU a développé les grands axes de ce nouveau contrat social. « Nous pouvons vaincre le désenchantement par la mobilisation et l’optimisme », a souligné M. Guterres qui défend un programme axé sur l’humain pour restaurer la confiance, réduire les inégalités, assurer l’égalité des genres et réparer bien des échecs des politiques socio-économiques récentes. 
Ce plaidoyer intervient dans un contexte dans lequel le monde vit « une période de changements sans précédent », notamment en ce qui concerne le climat, la démographie, la technologie, la société. Des mutations qui n’épargnent pas le monde du travail qui est profondément « affecté par ces facteurs ». « Ces changements offrent également des opportunités intéressantes. Mais ils engendrent également de la peur, de l’anxiété et un sentiment d’instabilité », a-t-il ajouté.
« L’âge de désillusion »
Comme lors de son passage à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en mai dernier, António Guterres a souligné les immenses possibilités mais aussi les énormes défis offerts par la mondialisation et la quatrième révolution industrielle. D’autant que les gains économiques considérables au niveau mondial « n’ont pas été partagés équitablement » entre les pays ou au sein de ceux-ci. « Ceux qui se trouvent en marge de nos sociétés paient le prix le plus élevé. Tel est notre planète », a fait valoir Secrétaire général. 

Or dans le même temps, plus que jamais, le multilatéralisme est sous le feu des critiques. « Nos problèmes deviennent plus complexes. Cependant, nos réponses sont de plus en plus fragmentées », regrette-t-il. Une façon de rappeler « le déficit de confiance » et « l’excès de peur ». « Vous pourriez appeler cela un âge de la désillusion ! ». 

Devant une telle période d’incertitudes, le chef de l’ONU a indiqué que le moyen le plus efficace pour rétablir la confiance consiste à écouter et à se montrer à la hauteur. A cet égard, il a rappelé le rôle de l’OIT, notamment son agenda mettant les citoyens au centre des préoccupations. Outre la dignité du travail décent, une mondialisation juste, la justice sociale pour tous, partout, l’OIT est en terrain connu pour relever de si grands défis. « Cela fait partie de votre ADN », a-t-il fait remarquer.
Les défis du changement climatique dans le monde du travail
Au dernier jour de la Conférence du centenaire de l’institution, M. Guterres a d’ailleurs félicité l’adoption d’une nouvelle convention sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Il a également salué la Déclaration du centenaire qui doit être adoptée plus tard dans la journée et établir les priorités politiques de l’organisation pour l’avenir du monde du travail. Une déclaration qualifiée d’occasion « historique » pour « un avenir meilleur pour les peuples du monde entier ». 

Avec elle, « nous avançons dans la construction d’un avenir durable pour toutes et pour tous », a affirmé le Secrétaire général. Elle doit contribuer à réduire les inégalités et garantir l’égalité entre hommes et femmes mais aussi « réparer bien des échecs » des politiques économiques. Voilà pourquoi, selon le chef de l’ONU, la Déclaration du centenaire n’est pas qu’une feuille de route, aussi déterminante soit-elle, pour le siècle à venir. « Avec elle, nous nous rapprochons de la réalisation des objectifs du Programme 2030 et nous avançons dans la construction d’un avenir durable pour toutes et tous. Oui, cette déclaration est ambitieuse », a souligné M. Guterres. 

A Genève, le Secrétaire général de l’ONU est également revenu sur les enjeux de l’urgence climatique, « la question déterminante de notre époque ». D’autant que l’action pour le climat pourrait créer des millions d’emplois durables et faisant ainsi de l’économie verte, « une bonne affaire ». 

Toutefois, « le changement climatique évolue plus vite que nous. Nous risquons un avenir d’instabilité, d’inégalités et de pauvreté accrues », a mis en garde M. Guterres tout en insistant sur l’importance du sommet sur le climat prévu en septembre à New York a la veille l’Assemblée générale des Nations Unies.
L’importance de la formation dans une carrière professionnelle
Comme d’autres avant lui à la conférence, António Guterres a relevé l’importance d’investir dans la formation tout au long de la carrière professionnelle. Face au changement climatique et aux nouvelles technologies, de « nouvelles compétences » seront requises pour alimenter les nombreux emplois qui seront lancés. Le lien entre travail et autres activités sera réaménagé, estime le chef de l’ONU. 

« Nous ne sommes pas encore préparés à cela. Nous avons besoin d’un investissement massif dans l’éducation - mais aussi d’un type d’éducation différent - une éducation fondée non seulement sur l’apprentissage, mais aussi sur l’apprentissage - et une éducation qui accompagne les gens au fil des ans pour assurer un apprentissage tout au long de la vie », a-t-il dit aux délégués présents au centenaire de l’OIT. 

Cent ans après sa création, « l’OIT reste en avance sur son temps, en intégrant les employeurs et les travailleurs au processus de prise de décision ». Une politique d’anticipation qui a permis à l’organisation quoi a vu le jour à Genève de porter un « flambeau allumé il y a 100 ans pour contribuer à la construction d’un nouveau monde - un monde fondé sur la justice sociale fondé sur un modèle d’inclusion - réunissant gouvernements, travailleurs et employeurs à la table des décisions ». 

Avec cette conférence, l’OIT aborde un nouveau chapitre. Selon le chef de l’ONU, le rendez-vous de Genève n’est pas seulement l’occasion de célébrer un centenaire, mais surtout de consolider « un héritage de réalisations guidé par cette vision séculaire de la justice sociale fondée sur le dialogue social et la coopération internationale ». Fixer des objectifs ambitieux et les atteindre fait partie de l’histoire de l’OIT. « C’est aussi son avenir », a conclu M. Guterres. 
Un.org 


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