Finance islamique : première levée de « sukkuk » souverain pour le Nigéria

Dimanche 17 Septembre 2017

Le Nigéria arrive enfin sur le marché de la finance islamique. Pour sa première levée de «sukkuk» souverain, le pays le plus peuplé du Continent compte lever 100 milliards de nairas, soit quelque 328 millions d’euros sur le marché local et auprès d’investisseurs internationaux afin de financer des projets d’infrastructures et combler son déficit budgétaire. Les autorités fédérales comptent, entres autres, sur la communauté musulmane du pays, l’une des plus importantes d’Afrique subsaharienne pour réussir cette opération qui a déjà séduit plusieurs autres pays africains.


Cette fois, c'est la bonne ! Après plusieurs annonces sans effet, le Nigéria arrive enfin sur le marché de la finance islamique. Pour sa première levée de «sukkuk» souverain, le pays compte émettre des obligations d'un montant de 100 milliards de nairas, soit environ 328 millions de dollars sur le marché local, mais aussi auprès d'investisseurs étrangers. 
C'est ce qu'a annoncé à la presse nigériane, la directrice du bureau fédéral en charge de la gestion de la dette (BMO), Patience Oniha, qui vient d'entamer une série de rencontres, en compagnie d'opérateurs nationaux, à Kano, Kaduna, Lagos et Port Harcourt. Le road show se poursuivra par la suite à l'extérieur du pays, notamment en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Etats-Unis pour séduire les institutionnels étrangers et la diaspora nigériane. 
 A préciser que dans le cadre de cette sortie, le gouvernement fédéral nigérian est conseillé par la FBN Merchant Bank PLC, ainsi que le cabinet spécialisé en gestion d'actifs islamiques, Lotus Capital Services Limited. 
Par ailleurs, l'émission des obligations sans intérêts conformément à la charia est destinée tant aux particuliers qu'aux investisseurs institutionnels et se déroulera, dès la fin du road-show, sur la place boursière nationale, la Nigerian Stock Exchange ainsi que la plate-forme d'investissements et d'échanges de valeurs mobilières FMDQ. L'opération prendra fin le 20 septembre prochain, mais en cas de sous-souscription, la transaction pourrait être prolongée pour combler le gap. 
Le «sukkuk» souverain qui a reçu le visa du comité d'experts pour les offres des produits islamiques de la banque centrale nigériane CBN est structuré sous forme de contrat-bail avec un versement semestriel de gain de 16,47% aux souscripteurs des titres pour une maturité de 7 années. Les autorités nigérianes entendent boucler l'opération le 20 septembre, même s'il est déjà envisagé qu'en cas de besoin, l'échéance pourrait être prolongée.

Une niche prometteuse pour le Nigéria

A travers cette sortie sur le «marché de la finance halal», le Nigéria entend diversifier ses sources de financement dans le cadre de la levée de fonds annoncée par le gouvernement fédéral qui compte non seulement investir dans divers projets d'infrastructures, mais aussi combler son déficit budgétaire. En plus des obligations islamiques, le pays a également d'autres plans sur les marchés classiques, mais c'est surtout sur la finance islamique que le Nigéria mise beaucoup. La moitié de ce pays de plus de 180 millions d'habitants est en effet de confession musulmane, ce qui constitue un avantage certain pour les autorités nigérianes qui sont en train d'accélérer leur stratégie de relance économique après plusieurs mois de conjoncture difficile. 
C'est la première sortie du Nigéria sur le marché des obligations islamiques. Le pays envisageait convoitait depuis fort longtemps cette niche annoncée comme une source alternative de financement pour le gouvernement, et qui devrait lui permettre de diversifier sa base d'investisseurs, de promouvoir l'inclusion financière et d'approfondir le marché national des capitaux. Toutefois, les autorités ont dû attendre que les autorités en charge de la politique monétaire étoffent le cadre réglementaire nécessaire, un projet porté par la Banque centrale nigériane. 
Il convient toutefois de rappeler qu'en 2013, l'Etat fédéré d'Osun du Nigéria avait émis 10 milliards de nairas d'obligations en «sukkuk», sans que pour autant cela fasse école, alors que plusieurs pays de la sous-région comme le Togo, la Côte d'Ivoire et le Sénégal ont réussi avec succès leurs sorties sur le marché de la finance islamique, dont le potentiel est désormais confirmé par plusieurs études.  
 Afrique.latribune.fr

 


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